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Messine et Keltia 19 octobre 2017

Le roi avait appelé au château, tous les chevaliers du royaume, mandant à son héraut, le plus noble des heaumes. La princesse Messine était portée disparue, depuis trois lunes aucune âme ne l’avait aperçue.

On la disait adepte d’une nouvelle religion, à qui elle offrait prières et dévotions, on alla voir le prêtre, soumettant la question, mais il resta muet jusqu’à son exécution.

Le seigneur de Keltia fut désigné pour cette quête, trouver la princesse où qu’elle se fut cachée, dévoué et volontaire, présenté loin en tête, il fit la promesse de bientôt la trouver.

Son voyage connu mille périples, batailles et découragements, mais ne se laissait pas abattre pour tenir son serment.

Enfin dans la forêt maudite il s’aventura, comme guidé par le mal qui régnait en ces lieux, il savait qu’au bout de ses pas, se découvrirait un visage merveilleux. Au centre du bois s’érigeait, comme venu de l’enfer, un gigantesque arbre effeuillé, qui semblait millénaire. Emprisonnée dans ses branches pleines de ronces, la princesse Messine observait l’arbre mort, elle semblait chercher des  réponses mais avait oublié son corps.

Keltia téméraire s’approcha mais au bout de quelques pas, l’arbre magnifique s’anima.

Semblant ignorer le chevalier, les branches enserrèrent la princesse, les ronces se glissaient sous sa robe, s’immisçant en elle pour la posséder davantage, l’écarlate teintait de toute part le vêtement de la jeune femme.

Le chevalier, remplit d’effroi par cette tragédie, se précipita pour mettre fin à l’ignominie.

Messine détourna un instant son regard, et intima d’un geste à Keltia de s’arrêter.

« Ne t’approche pas chevalier, cet arbre est mon aimé ». La princesse souriait de béatitude, mais les larmes dans ses yeux révélaient son cœur douloureux.

C’est l’arbre à présent qui prit la parole, comme pour aggraver cette situation folle.

« Ne t’approche pas t’a-t-elle dit, ou tu le paieras de ta vie. T’opposer à moi serait t’opposer à l’univers tout entier, je suis un et je suis tout, je suis le monde, je suis partout, de la planète, je suis le prophète et ma volonté ici bas doit te servir de loi. »

De toute part autour du chevalier, des racines sortaient de terre, comme des dards acérés qui s’en prenaient à lui.

L’arbre maudit renforçait son étreinte sur la belle qui pourtant continuait à lui sourire, elle était comme empoisonnée par les épines qui endormaient sa volonté.

Keltia sortit sa lame et de toutes ses forces combattit l’arbre maudit. Pris de furie devant le sort réservé à la princesse, il usa de tout son courage pour l’enlever à l’agonie.

Au prix d’une rage sans limite, il parvint à se défaire de son ennemi. La forêt, comme soulagée de cette disparition, se mit à bruisser doucement. Le ciel s’obscurcit peu à peu et la foudre se mit à s’abattre sur ce qui restait de l’arbre empoisonné.

Keltia libéra Messine et la pris dans ses bras. La jeune femme semblait maintenant soulagée et lui souriait malgré le peu de forces qui lui restait. Et alors que la pluie se mit à tomber pour éteindre le funeste bûcher, les larmes de la princesse se mirent à nouveau à couler : elle avait perdu son aimé.

 

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Catégories: Poèmes

Reine de l’amour du monde 6 juillet 2017

J’ai eu peur que l’amour, naissant dans mes yeux, ne connaisse le retour, escompté merveilleux.

Et moi pourtant, tout ce que j’attends, c’est de t’apercevoir au coin de la rue, saluant mon cœur si ému. Viens à moi ma princesse d’ange, que nos deux vies se mélangent, viens à moi pour l’éternité, savoir comme je peux t’aimer.

Tu as su rallumer dans mes yeux l’étincelle, comme un ange venu du paradis, tu sauras m’emmener jusqu’au ciel, et satisfaire toutes nos envies. Je crois en ton amour comme la nuit croit au jour, mais les larmes dans leur transparence, ne savent adoucir ton absence.

Prend ma main et ne la lâche jamais, prend mon cœur au cas où il s’égarerait, prend la vie comme tu cueillerais une fleur, car la mienne n’est rien sans ton bonheur.

Je rêvais déjà de toi dans les cris de l’émoi, il y a quelques années, quand tu refusais d’être aimée, tu étais déjà ma perfection, et l’objet de ma déraison. Il y a peu tu es revenue, par les hommes si déçue, que tu ne voulais pas croire, qu’il résidait un espoir. Mais tu n’as pas choisi, il suffit d’une seule nuit pour que le sort de ton destin soit piqué comme le mien.

Flèche d’amour et de passion, mon cœur t’offre toute dévotion, reine de la soif de ma vénération impie, tu sais être la femme qui comblera ma vie. J’arracherais mon cœur et ferais couler mon sang si cela pouvait apaiser ton tourment, je vendrais mon âme et brûlerais les enfers, les inondant de mes larmes, suffoquant de poussière, si cela pouvait au mieux, t’impressionner un petit peu.

J’aplatirais la Terre pour qu’elle ne tourne plus, et qu’en ton cœur l’hiver, ne s’abatte plus, j’envelopperai l’univers d’un joli ruban, pour qu’il soit plus vert sous ton commandement, et si Celui que certains nomment Dieu existe, je Lui ordonnerai de n’être dans ton royaume qu’un Bouffon Trapéziste. Il se pliera devant ta beauté comme si à Sa Création tu l’avais volée, Il s’émerveillera de la transcendance de ton aura, et jalousera ta perfection, dépassant Ses propres perceptions. Mais si Celui qui se nomme Créateur, ose te soumettre à la Terreur, sache que sur le trône, non loin de toi, je suis celui qui prône ta nouvelle loi. Je Le briserai entre mes mains, comme le Tueur de jolis desseins, je réécrirai Son monde pour le faire à ton image, ancienne chose immonde, soit disant l’œuvre d’un Sage.

Et si je n’ai le besoin d’aller si loin pour te satisfaire, si ma seule présence suffit à te plaire, si mon cœur est assez grand, pour combler en toi le néant, alors je t’offrirai le plus beau des diadèmes, tout simplement parce que je t’aime.

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Histoire d’eau 14 juin 2017

Il se promenait lentement le long du rivage, cherchant en vain ce que signifiait son âge. Il voulait savoir pourquoi enfant, il avait connu tant de tourment, et pourquoi aujourd’hui il ne pouvait accomplir sa vie. On lui disait qu’il suffisait dans ce monde qui l’épouvantait, d’avoir confiance en lui pour éclairer ses nuits. Il le savait et ne pensait pas manquer de courage, il exprimait parfois sa rage, mais jamais cela ne lui permettait de toucher celle qu’il aimait.

Il continua son chemin au bord de l’eau cherchant une solution dans les flots, mais les larmes arrivèrent sans prévenir, comme le souffle d’un délire dont l’origine restait un mystère, mais qui arrivait si souvent, qu’il ne fut pas surpris. Il arrêta de marcher. Il voulu se noyer. La tentation n’était pas rare, pour lui de sombrer au désespoir, mais il ne l’avait jamais fait, ne sachant pas s’il le devait. Mais cette fois, il n’y avait plus de choix : il se tint debout sur la rive, regarda un instant son reflet sur l’eau. Il se voyait déjà les yeux fermés, noyé dans cette eau glacée. Cette vision étrange, de son départ pour les anges, lui rappela le prénom de celle qu’il désirait tant : Lialine.

Pourquoi n’avait il jamais su lui dire à quel point il l’aimait ? Pourquoi avait il hésité ce fameux soir, à lui dévoilé son amour ? De toute façon, il était trop tard, tout retour serait dérisoire, elle ne l’aurait jamais aimé, n’éprouvant pour lui que de la pitié.

Il recula de quelques pas, certain de l’issu de son trépas. Il ne savait pas nager et les flots étaient déchaînés, le lac fourmillait de tourbillons et se voulait le reflet de ses passions : à la fois désordonné et sans issu, mais en même temps si beau dans la tranquillité éphémère. Il se jeta sans réfléchir, ne pensant plus qu’à mourir. Au moment où il allait atteindre le précipice, dans un dernier regard hors de l’abysse, il aperçut Lialine, elle était immobile et apeurée, la bouche ouverte, les yeux affolés. Mais pour lui, tout était fini, il flottait au bord du marais et la vie n’était plus en lui. Elle se précipita vers son corps dans l’espoir de faire fuir la mort, et malgré la force de sa volonté, elle ne put le ressusciter.

Elle le tira vers le rivage comme pour apaiser son naufrage et s’allongea sur lui dans les larmes de la nuit. Elle cria au ciel sa haine contre l’Éternel puis lui avoua tout bas qu’il était celui avec qui elle aurait voulu aimer la vie. Elle non-plus n’aura jamais su que leur amour était réel car l’émotion folle et meurtrière avait eu raison d’elle. Plus tard on découvrit, à la fin de la nuit, deux corps enlacés et inanimés, car privés d’avoir été aimés. On se souvint alors que l’amour doit durer toujours, qu’il doit être dévoilé sans quoi il peut tuer. Deux enfants peuvent s’aimer, deux amants peuvent se quitter, mais quand l’amour est caché, même la mort ne peut le retrouver.

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L’enfant de la forêt 7 juin 2017

Dans la claire forêt où les arbres dansaient, sur le sol humide de mousses intrépides, dans l’air vivifiant de la pureté d’antan, l’enfant apparut. Les yeux grand ouverts absorbants ces trésors, il vit le monde en vert comme la pureté de l’or.

Il s’enfonça souriant dans le bois plus profond, comme un roi envoûtant cherchant sa solution, il courrait maintenant vers le but de sa destinée puis erra un instant par la nuit apeuré.

Il disparut

Il revint tard un soir comme venant de nul part puis se remit à chercher comme de sa vie la clé, dans les troublants feuillages d’une forêt sans âge,  puis des voix réclamant son réveil l’enlevèrent à ces merveilles.

Bien au chaud dans son lit, il se rendormit.

On le revit alors chercher dans les cyprès, les sources d’un sort qui peut être le sauverait, il courrait librement comme jamais il ne l’avait fait, cherchant ce qu’un enfant ne devait espérer.

A nouveau la voix de sa mère le fit disparaître, ainsi que le jour naissant, survenu à sa fenêtre.

Quelques nuits passèrent puis l’enfant dans son sommeil troublé revint à la clairière sur son avenir veiller. Il courrait comme un fou sentant le temps le presser puis retrouva les loups dont il avait tant rêvé. Il s’approcha doucement de peur de les effrayer, son petit cœur battant d’une rencontre si préparée. Il fallut peu de temps pour qu’il soit encerclé et des loups le plus grand vint à lui pour parler. On ne su jamais ce qu’il lui disait car les arbres du haut de leurs cimes protégeaient jalousement cet échange si intime, mais l’enfant bouleversé se mit soudain à pleurer. Il voyait apparaître devant lui tant d’objets si familiers, de son fauteuil roulant à ses taies d’oreiller, les larmes de sa maman et ses rêves consumés, les mensonges rassurant sur l’obscure vérité et les boites de médicaments qui l’avaient décimé.

Une caresse rassurante vint à nouveau le réveiller.

Quand il revint, quelque chose dans l’air avait changé, comme si ses prières enfin s’étaient exaucées. Les loups l’attendaient cette fois pour le guider, et il les suivit lentement en cette nuit consacrée. Dans le silence latent, l’enfant sentait son avènement, comme un prince aurait été couronné, lui allait enfin être libéré. Il marchait solennellement dans les brumes de la nuit et ses jeunes yeux d’enfant s’ombraient de mélancolie.

Le groupe s’arrêta et les loups s’installèrent autour d’une stèle de bois, d’or et de pierre. L’enfant se mit à pleurer sans un bruit, comme pour apaiser sa dernière nuit. Il s’allongea sur la pierre formulant son ultime prière et les loups d’un hurlement le menèrent au firmament.

Dans sa lente traversée, il revit son passé, et la voix de sa mère sembla l’effleurer, même si cette fois il ne se réveillerait pas. Il sentit à travers les âges et le temps les larmes d’amour de tristesse et de soulagement tomber des yeux de celle qu’il aimait tant, mais elles ne pourraient le ramener à la vie car déjà loin il était parti.

Le bonheur n’est pas inhérent à la Terre et si ailleurs certains le trouvèrent, cette réalité est à méditer : les souffrances qui aujourd’hui nous font tort s’apaiseront toutes dans la mort.

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Le Miroir 29 mai 2017

Par delà les montagnes et les rivières, par les obstacles usé mais fier, je m’approchais.
Tant d’épreuves avaient été subies, tant d’exploits avait été accomplis, pour arriver à la quête ultime, la fortune au plus haut des cimes.
Quelques lieues seulement me séparaient encore, de la récompense promise, le plus grand trésor. Traversant une dernière forêt, atteignant enfin le sommet, je ne vis d’abord rien.
Dressé sur le plus haut rocher, comme un défi à l’éternité, se tenait un miroir.
Sur un socle d’or et de pierre, entouré de bois et de lierre, la patine couleur d’ivoire.
Intrigué je vains l’observer, d’abord un peu déçu, toutes ces menaces décimées, était-ce là mon dû ?
Le tournant vers mon visage, comme pour observer mon naufrage, surpris et défait, ce n’était pas mon reflet.
A travers la poussière sur le vers poli, s’offrait à moi la plus belle chose, cette femme dans cette pièce close, plus grande merveille que je vis. C’était toi que j’observais au-delà des mers et des âges, c’était toi que j’attendais si loin sur un autre rivage.
Ainsi donc le reflet de mon âme, s’avérait être la plus jolie des dames. Et déjà cette rétribution, attisait en moi mille passions.
Tu te tenais devant un autre grand miroir, et ta longue robe blanche et noire, trainant au sol à tes pas, tu ne me voyais pas.
Je voulais de toutes mes forces t’appeler, te dire comme je voulais t’aimer, que j’étais venu pour toi, mais tu ne m’entendais pas. Tu étais subjuguée par cet autre reflet, celui de ton cœur qui te tourmentait. Puis je vis ces larmes sur ta joue, de rage elles me rendaient fou, je compris que mon âme sœur vivait de l’amour la douleur. Peu à peu le reflet s’estompa, jusqu’à n’y voir plus que moi, le visage d’un homme amoureux, de sa princesse perdue dans les cieux.
C’est ainsi que je compris, qu’à cette quête il n’y avait de récompense, qu’un aperçu du paradis, comme un rêve d’enfance, qu’il me fallait être plus brave encore, si je voulais t’atteindre, Ô toi mon plus grand trésor.
Alors levant mon épée au ciel, je le mis au défi de m’empêcher, d’à nouveau chercher ma belle, dussé-je y passer l’éternité.

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Catégories: Amour Poèmes

Clairière

Égaré dans la forêt des légendes ancestrales, perdu dans le brouillard mortel à la froideur glaciale,
Je t’ai trouvée
Allongée dans cette clairière par les fées éclairée, tu regardais la lune en pleurant tes aimés. Celui de la stabilité, de l’unicité, qui devrait combler ta vie et celui de l’exaltation, de la douce déraison au goût de l’interdit.
Sans bruit je me suis approché, tu m’as vu puis m’a souri. Tous tes songes tu m’as contés et de toi je me suis épris.
J’ai tendu mon bras pour te relever et d’un seul tour je me suis écarté.
Mais tu ne me voyais déjà plus, contemplant à nouveau le ciel, de tes idéaux perdus.
Je me suis approché et t’ai pris doucement la main, comme pour te montrer qu’existent d’autres lendemains. Tu m’as regardé, de tes yeux doux et rieurs, dans lesquels pourtant subsistait la torpeur, et ton sourire merveilleux et si sincère, ne pouvait rien cacher de ces peurs qui lacèrent. Tu m’as montré les chemins de ta vie, te demandant lequel te sauverait de la nuit, et je voulais que tu vois qu’il y’avait d’autres routes, qu’ensemble toi et moi on les explorerait toutes.
Ton regard s’attendrit, m’autorisant à rêver, mais tu me dis aussi qu’il fallait renoncer.
Alors doucement je m’éloignai, pour ne pas te brusquer, mais autour de moi apparut cette soudaine vérité :
Et si ces bois, ne détenant pas la solution, nous pouvions vivre notre émoi, exaltant la passion ?

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Catégories: Amour Poèmes