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Histoire d’eau 14 juin 2017

Il se promenait lentement le long du rivage, cherchant en vain ce que signifiait son âge. Il voulait savoir pourquoi enfant, il avait connu tant de tourment, et pourquoi aujourd’hui il ne pouvait accomplir sa vie. On lui disait qu’il suffisait dans ce monde qui l’épouvantait, d’avoir confiance en lui pour éclairer ses nuits. Il le savait et ne pensait pas manquer de courage, il exprimait parfois sa rage, mais jamais cela ne lui permettait de toucher celle qu’il aimait.

Il continua son chemin au bord de l’eau cherchant une solution dans les flots, mais les larmes arrivèrent sans prévenir, comme le souffle d’un délire dont l’origine restait un mystère, mais qui arrivait si souvent, qu’il ne fut pas surpris. Il arrêta de marcher. Il voulu se noyer. La tentation n’était pas rare, pour lui de sombrer au désespoir, mais il ne l’avait jamais fait, ne sachant pas s’il le devait. Mais cette fois, il n’y avait plus de choix : il se tint debout sur la rive, regarda un instant son reflet sur l’eau. Il se voyait déjà les yeux fermés, noyé dans cette eau glacée. Cette vision étrange, de son départ pour les anges, lui rappela le prénom de celle qu’il désirait tant : Lialine.

Pourquoi n’avait il jamais su lui dire à quel point il l’aimait ? Pourquoi avait il hésité ce fameux soir, à lui dévoilé son amour ? De toute façon, il était trop tard, tout retour serait dérisoire, elle ne l’aurait jamais aimé, n’éprouvant pour lui que de la pitié.

Il recula de quelques pas, certain de l’issu de son trépas. Il ne savait pas nager et les flots étaient déchaînés, le lac fourmillait de tourbillons et se voulait le reflet de ses passions : à la fois désordonné et sans issu, mais en même temps si beau dans la tranquillité éphémère. Il se jeta sans réfléchir, ne pensant plus qu’à mourir. Au moment où il allait atteindre le précipice, dans un dernier regard hors de l’abysse, il aperçut Lialine, elle était immobile et apeurée, la bouche ouverte, les yeux affolés. Mais pour lui, tout était fini, il flottait au bord du marais et la vie n’était plus en lui. Elle se précipita vers son corps dans l’espoir de faire fuir la mort, et malgré la force de sa volonté, elle ne put le ressusciter.

Elle le tira vers le rivage comme pour apaiser son naufrage et s’allongea sur lui dans les larmes de la nuit. Elle cria au ciel sa haine contre l’Éternel puis lui avoua tout bas qu’il était celui avec qui elle aurait voulu aimer la vie. Elle non-plus n’aura jamais su que leur amour était réel car l’émotion folle et meurtrière avait eu raison d’elle. Plus tard on découvrit, à la fin de la nuit, deux corps enlacés et inanimés, car privés d’avoir été aimés. On se souvint alors que l’amour doit durer toujours, qu’il doit être dévoilé sans quoi il peut tuer. Deux enfants peuvent s’aimer, deux amants peuvent se quitter, mais quand l’amour est caché, même la mort ne peut le retrouver.

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